Archives de catégorie : Méthodes quantitatives appliquées à la vie

Ce n’est pas tout…

L’autre jour, dans le sac publicitaire qui m’a été livré, j’ai trouvé une publicité pour des produits de viande à faire livrer à la maison. La publication était assez louche mais le vase a débordé lorsque j’ai vu ce graphique dans le dépliant:

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Si on traduit le texte autour du graphique, on lit: « Quand on compare les proteines, la viande de bison gagne haut la main. Fer par 100g pour le bison, boeuf, poulet, porc et le saumon. »

Ce graphique a tout de suite attiré mon attention. Et vous, voyez-vous un problème?

La bonne représentation pour les bonnes données

Lorsqu’on veut représenter des données dans un graphique, la première chose à faire est de déterminer ce que l’on veut montrer et quels types de représentation sont appropriés pour atteindre ce but.

Ici, le but clairement énoncé est de comparer la teneur en protéines de différentes viandes. Pour ce faire, il faut être en mesure de mettre côte à côte les valeurs proposées. Dans le cas présent, le graphique circulaire rend cette comparaison totalement impossible. En effet, l’oeil humain n’est pas très habile à discerner des grandeurs d’angle. Pour vous en convaincre, demandez-vous ici lequel des segments rouge ou mauve est le plus grand? Ou, comparez la partie verte et la partie mauve plus foncée et essayez de dire avec conviction laquelle est la plus grande. Un graphique à bandes verticales ou horizontales aurait certainement mieux démontré l’avantage de la viande de bison par rapport aux autres.

Montrez-moi le tout!

Cependant, ce n’est pas le pire problème de ce graphique. Quand on y réfléchit plus sérieusement, le choix d’un graphique circulaire apparaît tout simplement comme absurde dans cette situation. En effet, le graphique circulaire est utilisé pour montrer la répartition des unités statistiques d’un tout parmi des sous-catégories. Par exemples, on peut montrer la répartition de la langue maternelle des résidents du Québec en séparant l’ensemble en trois catégories : francophones, anglophones et allophones. Remarquons ici que ces catégories sont exclusives et exhaustives. On ne peut pas avoir deux langues maternelles et on se situe nécessairement dans une de ces trois catégories. Le graphique circulaire serait donc un outil approprié pour représenter le distribution de cette caractéristique parmi les habitants du Québec.

Revenons au graphique montré ici. Il n’y a pas de tout séparé en parties. Le bison, le boeuf le poulet, le saumon et le porc ne sont pas les seules sources de protéines animales dans le monde. On pourrait penser à l’agneau, au cheval, aux autres poissons, etc. Si on sépare ici une tarte entre les types de viandes, qui sait ce que représente l’entièreté de la tarte…

Répétons-le: chaque type de donnée commande un traitement particulier. Il est donc essentiel de se demander quelle est l’intention du graphique et quel est le type d’information à traiter avant de choisir le type de représentation. Si on omet de réfléchir à cela, on risque de se tromper du tout au tout.